6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 11:16


 

(Photo : collectif Païen)

(Photo : collectif Païen)

Il fut un temps où nos rêves étaient
plus grands
que nous.
On avait au creux
des nuits des reins
des embrasements.
Du feu
au fond
du ventre.
Des hurlements
pleins
la gorge.
Des murmures
à l'ourlet
du cœur.
Et des rires
Des rires
Des rires
à lacérer l'aube.
Rien de tiède sinon nos haleines
quand je mordais ton oreille
ta nuque ton sein
jusqu'au sang,
tu t'en souviens ?
On avait
deux
mille
vingt
cinq
ans
à peine
Et rien
ne pouvait nous calmer
Que les tempêtes.
Dis-moi
Elle est où cette vague ?
Il est passé

Le déluge ?
Tu t'en souviens comme ça nous renversait ?
Et nos ventres, et nos sexes, et nos souffles, et tes yeux dans mes yeux.
Toi, dans moi. Et moi, tout autour de toi.
Nos corps, des rires,
A faire chialer
les étoiles.
Du feu
Au goulot même de la vie,
sur la banquette arrière
du manège du ciel.
T'en souviens-tu ?
Combien les rêves
emplissaient nos nuits
débordaient nos jours ?
Qui donc
Les a ainsi remisés?
Au fond des dossiers,
derrière des écrans,
Nos rêves,
Petites archives comptables
Lambeaux, fragments, rognures,
pièces à éviction,
nos rêves,
les rêves,
petites choses mortes
excisées de la vie,
dûment étiquetées
classées, cadenassées,
nos rêves :
petites choses
vaguement dégoûtantes
honteuses et racornies.
Qui donc ?
Qui donc sinon nous-mêmes,
du bout de nos doigts affairés
Au travers de notre seul reflet ?
Regarde
Regarde
tes yeux :
y vois-tu
autre chose
que des fleurs fanées ?
Tu vois ?
Maintenant,
Dis-moi,
toi,
le monde,
Sommes-nous déjà
si vieux
qu'il ne nous reste
que le souvenir
pour nous tenir
aujourd'hui
si peu vivants
sur l'asphalte mouillé ,
en périphérie
de la vie ?
Quoi ?
Tu pleures ?
Tu
pleures.
Allez,
Allez, l'ami,
enfin,
souris,
encore
une fois.
Allez
Viens
Éclaire ta gueule.
Mouche ton chagrin.
Maquille ta nausée.
Souffle les braises
Déchire tes bas de laine.
Ôte ton corset.
Fais-nous valser
A cent sous
l'heure
A gorges
déployées
La nuit
est encore jeune.
Nous avons
deux
mille
vingt
cinq
ans
à peine.
Allez
Viens
Glisse
ta main
Au creux
De mes reins
laisse-moi
encore
mordre ton oreille.
Ta bouche.
Ta nuque.
Ton sein.
Et si demain
existe
Au balcon de l'aube
Nue
je te prendrai.
Te montrerai
Ici
Et maintenant
comment
encore
S'embraser.

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