31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 10:52
CARNET SPIRALES #8 : L'arbouse
L'arbouse
rougit le chemin
Un rire d'enfant
s'évapore dans la montagne
Ce matin
les sorcières
ont déserté la forêt
Ici l'automne moissonne
le chant des oiseaux
les derniers brins de lumière
Là-bas déjà
le ciel saigne au couchant
Du bout des lèvres
je te fais des promesses
de printemps
même si je sais
que bientôt l'hiver sera là
et que les pierres et le ciel et mon cœur
seront pris de givre
des mois durant
Toi, tu ris,
tu laisses glisser ta robe
sur tes chevilles
et tu ouvres les draps
Viens.
Il suffit parfois d'un mot
pour oublier nos rides, nos tremblements
et l'épaisseur de la nuit qui arrive
Viens.
Viens en moi.
Il suffit d'un seul mot
pour éloigner les ombres
pour embraser les montagnes
Il suffit d'une robe au pied d'un lit
pour faire durer le jour
pour être certain
que demain le soleil reviendra
Viens.
Et pour un soir encore
même si je me sens si vieux
je m'abandonne
aux rêves
à tes bras
au temps
avec la confiance d'un enfant
Viens
avec moi.

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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 10:45
CARNET SPIRALES #7 : Le moineau

Je n'ai pas hésité

avant de prendre la plume

et là, sur l'avenue,

de son tranchant

me suis désossé

le cœur.

Pourtant,

vous le savez,

il est bien plus facile

de confier ces petits animaux

aux bons soins

de l'équarrisseur,

d'enfouir les yeux dans ses poches

de peindre sur ses lèvres un sourire indolent

d'oublier tout à fait

qu'un jour

ils brillaient

dans notre poitrine

comme de si jolis

petits soleils

qu'on promenait, tout fier,

main dans la main

sur la grande avenue

de la ville.

Mais voyez-vous

j'étais curieux

de savoir jusqu'où la nuit s'étendait

de ce côté du monde

et d'un seul trait

je l'ai fendu en deux.

A l'intérieur

il n'y avait rien d'autre

qu'un moineau

aux ailes rompues

par

un café refroidi et des nuits chiffonnées et le miroir narquois

les larmes du matin le rire du cendrier et le vertige du vide

de toutes ces journées

qui me séparaient

maintenant

de toi.

Voilà comment

sans y prendre garde

prisonnière de sa cage

et de cet amour brisé

la vie

s'étiolait.

Tout l'été,

j'ai bercé l'oiseau,

du bout des lèvres

lui ai donné la becquée :

des brins de soleil

un souffle sur ma nuque

des soupirs d'oreiller

d'autres peaux

que la tienne.

A l'automne venu

j'ai ouvert les mains :

l'oiseau s'est envolé.

Je n'ai rien fait

pour le retenir.

Les oiseaux sont nés

pour le ciel

et nous autres

pour espérer.

Voilà pourquoi

vous me voyez

si souvent

perché aux arbres

dénudés

de l'avenue.

Vous, vous esquissez

un sourire un pas

de côté

le pauvre fou,

pensez-vous.

Mais je m'en moque

je reste là,

les yeux jetés au ciel

la poitrine béante

le corps écartelé

par l'attente.

Le pauvre fou,

pensez-vous

Mais je m'en moque

Vous ne savez rien

d'un cœur déserté

par les oiseaux

 

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 09:23

"Félines" est sélectionné
pour 19ème Prix des Lecteurs en Seine !

En Seine


A cette occasion,
les organisateurs m'ont demandé
une petite vidéo de présentation.

C'était l'occasion
pour mettre en scène le début du roman !



 



Vidéo & Musique : Jean-Marc PARAYRE
Voix & Montage vidéo : Stéphane SERVANT
Merci à l'équipe du Pôle Culturel de la Manufacture (Montolieu) pour l'accueil !

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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 09:27

Aujourd'hui, parution de "Rêves américains",
recueil collectif de nouvelles autour des États-Unis,
publié par les éditions Thierry Magnier.

 

Rêves américains

Vous pourrez y trouver, entre autres,
le bichon de Donald T.,
une amish éclairée,
le fantôme de Jimi,..
et ma nouvelle, (mystérieusement) intitulée "Un nouveau monde"
qui vous emportera au-delà
de la Mer des Ténèbres.

Bonne lecture !

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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 08:24

Dans le cadre de la manifestation
Dire et Lire à l'Air 2020,
organisée par la Médiathèque Départementale du Gers,
je serai bientôt sur la route
en compagnie de l'illustratrice Ilya Green
et le musicien Jean-Marc Prayre
pour la lecture musicale et dessinée "Monstres & Merveilles"

Sur la route

Mesdames et messieurs, chers et tendres enfants, il est là.
Oui, il est là. Vous ne le voyez pas. Pas encore.
Mais il est bien là, derrière ce rideau.
L’erreur de la nature.
Le survivant d’un peuple primitif, aujourd’hui heureusement, disparu.
Ni homme ni animal.
Grotesque et effrayant.
Le seul et l’unique.
Le Monstre !


 

Sur la route

"Monstres & Merveilles"
C'est une histoire qui fait trembler.
C'est une histoire d'amitié.
C'est une histoire monstrueuse qui interroge notre propre humanité.
Au fil des mots, dans une ambiance d'antique fête foraine,
les Monstres surgissent sous le pinceau d'Ilya Green
et l'archet de Jean-Marc Parayre.



Venez voir les Monstres !
 

> Vendredi 18 septembre
- 20h30 Ordan Larroque, sous le chapiteau, Place des Marronniers,
 
> Samedi 19 septembre
- 14h Lupiac, salle des fêtes
- 19h Masseube, jardin de la médiathèque, 19h
 
> Dimanche 20 septembre
- 11h Jü-Belloc, chapiteau de l'école de cirque
- 16h30 Riscle, dans les arènes

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 09:16

Nouvel extrait de la lecture musicale
"Sous les zétoiles de Sirius"
d'après le roman "Sirius"
Voici le chapitre 0
où ma voix est portée par
la musique et les sons
de mon compagnon de route 
Jean-Marc Parayre.
Bonne écoute !

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 12:56

Un matin
je serai
Sans serrure
J'ouvrirai grand
ma porte
Je traverserai
Fébrile
La ville
Heureux et indifférent
du regard
Médusé
Des passants
En fête

 

A la boulangerie
J'achèterai
Deux croissants
Encore chauds
Qui laisseront
Sur mes doigts
Dix baisers
A la saveur
beurre salé

 

Haletant
Je grimperai
quatre à quatre
les marches
de l'escalier
qui mènent
à ta chambre
sous les toits
Où toutes les nuits
J'ai rêvé 
que tu te tenais
Le front 
au carreau
Solitaire
transie
et nue
Une clope 
entre les doigts
Où toutes les heures
A travers 
les fissures de l'horloge
j'ai guetté 
la fleur
de ton sein
Sous la couverture
d'un livre
Mille fois lu

 

Après ce long printemps
aux couleurs d'hiver
Tu tireras
le loquet
Tu entrebâilleras
Tes bras
De ta bouche,
Je lécherai le givre
Et enfin
Face à face
On mettra à nu
Nos corps
Pris de glace
Sous les draps
Peau à peau
A pleines dents
On fera des miettes 
d'hier
on réchauffera
nos sangs
on mêlera
nos langues
on étouffera
nos peurs
on échevellera 
le monde
On fera
Le mur
on dressera
des barricades
on livrera 
bataille
Jusqu'à crier victoire
pour s'inventer
de beaux lendemains 
 

Dans les rues, les chambres, les jardins
Nous serons cent
Nous serons des milliers
Des millions
A faire trembler ainsi
le ciel d'été


 

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 10:38

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 14:53
Les chiens

Nous sommes

Les chiens délaissés

Errants sans papiers

Dans les rues muselières

De vos villes en cage

 

Nous avons

Des poings

dans le ventre

Du feu dans la voix

Le cœur cicatrice

Et la bouche en rage

 

Non,

Nous ne sommes pas

Vos braves petits cabots

Marchant au pas cadencé

Dans les soirées mondaines

De vos tristes

Mausolées

 

Non,

Nous n'avons pas,

Nous n'avons jamais eu

L'étoffe du héros

La gueule de l'emploi

Le bon pédigrée

Nous sommes les clébards de la gare

Tout juste bons pour la corde

Trop craints pour le cadre

Trop crades pour vos trains

Zonant sur les quais

 

Vous pouvez toujours

Nous assigner

Sur le bitume

Aux cases et aux croix,

Aux caisses, aux piquets

Nous casser les crocs

Nous coudre la gueule

Derrière des barreaux

De vingt mètres carrés

 

Toujours

Nous serons
Aujourd'hui comme demain

Chiens sauvages

A l'assaut de la lune

Toujours prompts
A danser dans les rues

A vous mordre la main.

 

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 09:41
A la guerre

A la guerre
Comme à la guerre
Ils étaient
1, 2, 3
braves petits
soldats
Les poches vides
et le ventre creux,
Conscrits
des hangars,
des chantiers
et des rayons,
Appelés
Malgré eux
Sous l’étendard doré
Des robes de chambre
Et des complets-vestons.

 

A la guerre
Comme à la guerre
Ils étaient
1, 2, 3
braves
petits soldats
Envoyés au front
Précaires bataillons
En livrée garance
Et la fleur mono-prix.
Peloton Truelles
Régiment Pelleteuses
Commando Visseuses
Division Serpillières
Compagnie Transpalettes
Brigade Bétonnières
Et Section Étiqueteuses.

 

A la guerre
Comme à la guerre
Ils étaient
1, 2, 3
braves
petits soldats
Ils combattront
pour une paire de bottes en daim,
deux brosses à dents, une balancelle en bois,
un écran géant, trois abris de jardin,
six sushis extra-frais, un vélo d'appartement,
une pizza bio, deux caisses de Château Margaux,
un journal à quatre sous, un tuyau d'arrosage,
un robot mixer qui fait tout,
dix pots de crème anti-âge,
et six millions de tonnes
de papier-toilette extra-doux.

 

A la guerre
Comme à la guerre
Ils étaient
1, 2, 3
braves
petits soldats
Traînés au chant d'horreur
Des caisses
Enregistreuses.

 

Sinistre fantaisie
militaire.

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